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Prévenir les risques en choisissant l'open source

  • 20-03-2009
  • Par Eric Barroca (Nuxeo)

Le choix d'un système propriétaire de gestion de contenus entreprise issu d'un éditeur installé sur le marché ne garantit pas la pérennité de la solution et son support pour les clients. Nuxeo témoigne, par son vécu, de la pertinence du choix des solutions open source.

Tout directeur informatique à des sueurs froides quand il s’agit d’investir dans un logiciel de gestion de contenu (ECM). Car comme dans toute technologie structurante, plus que l’argent dépensé, c’est l’avenir de l’entreprise qui est en jeu. La mise en place de telles applications demandent plusieurs mois d’installation et ne peuvent être changées du jour au lendemain sans pénaliser l’entreprise utilisatrice.

Ainsi les DSI ont une tendance naturelle à se pencher vers les grands acteurs reconnus du secteur pour se protéger, pensent-ils, de toute déconvenue. Ceci est un mauvais calcul car plus que la taille ou l’aura de l’entreprise, il faut regarder la méthode de conception de son logiciel. Conçu sous forme de systèmes propriétaires, c’est risquer l’absence de maintenance le jour où la société éditrice ferme, se fait racheter ou décide d’une nouvelle orientation technologique. Choisir l’open source c’est se prémunir contre cela car le code source étant disponible à tous, d’autres acteurs pourront facilement prendre le relais et assurer le suivi.

J’en parle en connaissance de cause. Il y a 3 ans, nous n’étions qu’un petit vendeur de logiciels open source et notre produit, CPS, était une plateforme de gestion de contenu (Enterprise Content Management) basée sur le serveur d’application Zope, déployée à grande échelle au sein du secteur public en France et en Europe (il s’agit d’unités de production par milliers, dont beaucoup sont encore actives et mises à jour).

Après un certain temps, nous avons envisagé d’évoluer vers une nouvelle version de notre logiciel, pour le transformer en une plateforme ECM à grande échelle. Nous avions le choix entre différentes technologies qui nous permettaient d’envisager la migration de notre code de base de Python vers Java. Le débat faisait rage autour du sujet et la décision en était d’autant plus difficile à prendre. Finalement, pour plusieurs raisons, nous avons opté pour Java. C’était un choix délicat car il constituait un risque pour la société et de ce fait pour nos clients. Cependant, cela nous a semblé le choix le plus judicieux sur le long terme pour nos clients et nous-mêmes. Nous nous sommes donc mis au travail et nous avons annoncé publiquement notre projet. Nous avons expliqué l’opération aux clients, en s’engageant sur un support de CPS de 3 à 5 ans (minimum).

A posteriori, trois ans plus tard, nous sommes extrêmement satisfaits d’avoir pris cette décision. Nous avons créé une plateforme ECM à l’échelle de l’entreprise et CPS est mis à jour régulièrement pour les clients qui l’utilisent encore.

Quelques clients et utilisateurs étaient effarés au moment de l’annonce, pensant que nous ne maintiendrions jamais l’ancienne plateforme ou qu’elle n’évoluerait plus, car nous allions être trop occupés à développer la nouvelle. Ce qui s’est vraiment passé est que plusieurs sociétés (des partenaires de Nuxeo ou d’autres compagnies qui avaient débauché quelques anciens salariés) ont commencé à proposer un support clé en main pour CPS. Certains ont envoyé des patchs et ont participé à la maintenance du logiciel : l’open source en pleine évolution.

La plupart de nos clients ont conservé leur confiance en Nuxeo – un grand merci à eux – et ont continué à travailler avec nous, alors que d’autres ont choisi une autre voie et c’est très bien comme ça ! L’opération présentait de toute évidence un risque pour la société et cela aurait pu échouer. Mais nos clients étaient – et sont toujours – protégés d’un éventuel échec grâce à ce bon vieil open source. Même si une nouvelle solution radicale n’a pas été nécessaire pour ces clients car nous sommes toujours là avec une plateforme d’ECM solide. Le marché a servi à protéger les investissements et augmenter la confiance dans notre offre. Peut être a-t-il aussi contribué à ce que nous entretenions le support continu de notre ancienne plateforme, CPS.

Citons quelques exemples où l’open source a protégé ses clients face à certains fournisseurs qui ont disparu : db40 a été acquis par Versant, Sleepycat et Inno par Oracle, Zimbra par Yahoo, ou encore Xen par Citrix.

N’est-ce pas là le meilleur apport fourni par l’open source : la transformation d’un monopole en un marché libre. Pas très intéressant peut être pour les vendeurs, mais quelle valeur ajoutée du côté des clients, des utilisateurs et des décisionnaires.

Eric Barroca est président du directoire de Nuxeo, éditeur de solutions ECM.

Commentaires des lecteurs


Posté par : anonyme, March 23, 2009

mensonge par omission

Sauf que presenter l'open source comme seule solution a ce probleme est du simple mensonge par omission. Il est en effet tout aussi possible a un editeur de logiciel propriétaire de fournir une image virtuelle avec tout le source disponible pour faire un build du logiciel fourni dans un coffre, accessible en cas d'abadon du support du logiciel par l'editeur ou de faillite.
Ceci est a la charge de negociation entre le client et le fournisseur.
Ce n'est pas parce que les decideurs sont incompetents et ont trop longtemps accepte le dictat des pourvoyeurs de logiciels en la matiere que close source = automatiquement problème comme vous essayez de le faire croire.
De plus nombre de projets open source meurent egalement, et meme si il sont theoriquement reprenable de par la disposition des source, il serait finacierement stupide de le faire plutot que de migrer vers une autre solution.

Le reel probleme est dans la fermeture des FORMATS, pas du source des logiciels les exploitants.

Cet article est comme tant d'autre vantant les merites de l'open source, qu'une vision etroite et limitee a son point de vue....


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