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Green IT : les entreprises restent insensibles à leur empreinte carbone

  • 24-03-2009
  • Par Christophe Lagane

Selon une nouvelle étude du Gartner, les problématiques de gestion des émissions de carbone ne constituent pas la priorité pour les entreprises malgré l'échéance des prochaines obligations de conformité.

Sujet médiatique par excellence mais aussi problème de société, les entreprises sont loin d'avoir toutes prises en compte la problématique du Green IT, c'est-à-dire du taux d'émission de carbone qu'elles génèrent. C'est la conclusion que l'on peut tirer du rapport Too Many Enterprises Are in Denial About Carbon Management (Trop d'entreprises ignorent la gestion du carbone) dressé par le Gartner. Et le prix que la gestion des émissions de gaz carboniques induira dans un proche avenir ne semble pas y faire grand-chose.

Le cabinet d'analyse estime ainsi que 45,7 % des 626 entreprises de 1 000 à 10 000 salariés interrogées en décembre 2008 n'ont aucun plan de préparation de gestion de la problématique de l'empreinte carbone. 36 % des répondants semblent ignorer la politique de leur organisation sur la question environnementale. Seuls 18,3 % annoncent une stratégie en conséquence dans les 24 mois. Les entreprises sondées étaient issues de tous types de secteurs d'activités et d'industries.

Rappelons que, en Europe du moins, les Etats membres signataires du protocole de Kyoto s'engagent à réduire leur empreinte carbone (c'est-à-dire leurs émissions de gaz à effet de serre) de 8 % par rapport au niveau de 1990, et cela d'ici 2012. Un engagement qui dispose d'un outil flexible, lequel autorise le « rachat » des droits d'émission auprès d'autres sources non polluantes. Un droit qui selon Gartner, se négocie actuellement 12 euros la tonne de carbone, et dont le prix pourrait rapidement augmenter dans un proche avenir. L'Europe n'est pas la seule concernée. Aux Etats-Unis, l'administration Obama s'engage dans cette voie tout comme l'Australie avec le programme CPRS (Carbon Pollution Reduction Scheme).

Face à ces programmes, les entreprises vont donc rapidement être confrontées à des besoins de mécanismes de mesure et de gestion de leur empreinte carbone. Et si elles en ont conscience, le pourcentage de celles qui tentent d'y répondre reste bas, estime l'analyste. En Angleterre, moins de 8 % des entreprises se sentent concernées par les coûts de gestion de l'empreinte carbone. La France fait à peine mieux avec 10,5 %. Il s'agit cependant des taux parmi les plus décevants à l'échelle des pays, rassure le Gartner. En Chine et en Inde, où les émanations carboniques ne vont pas manquer de progresser rapidement avec la montée de l'industrie, les taux s'élèvent à 20 et 21 %.

A la question de savoir si des initiatives d'analyses et de mesures carboniques étaient adoptées par les entreprises, l'Europe occidentale affiche l'un des taux les plus encourageants à 32 % des répondants. Soit le double des résultats issus d'Asie et d'outre Atlantique. Mais avec de fortes disparités nationales. Alors que 74,4 % des entreprises allemandes déclarent avoir mis en place ces systèmes de contrôle, la France fait figure de mauvais élève avec seulement 2,6 % des organisations concernées.

« Cette absence apparente de préparation, et le fait que la plupart des entreprises vont inévitablement subir le contrôle des consommateurs, investisseurs, partenaires, actionnaires majoritaires et, éventuellement, des autorités de régulation, devrait tirer la sonnette d'alarme des décideurs politiques, conseillers, équipes dirigeantes et directions informatique », conclut Simon Mingay, analyste et vice président au Gartner. Sera-t-il entendu?