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Extreme Computing : une nouvelle ère pour l'innovation

  • 22-06-2009
  • Par Christophe Lagane

L’extreme computing ouvre une nouvelle ère pour le calcul haute performance… et pour l’innovation. Le HPC pour sortir de la crise?

Tous les observateurs s’accordent à dire que la crise qui frappe le monde entier est plus structurelle que conjoncturelle : elle traduit le décalage entre les modes de fonctionnement actuels des économies et des entreprises, et un environnement en pleine mutation, mondialisé, interconnecté et aux ressources limitées. Dans ces conditions, les entreprises ne peuvent espérer sortir de la crise qu’en oubliant le passé pour se projeter vers l’avenir. Aujourd’hui plus que jamais, l’innovation est un impératif. Mais pour inventer des services nouveaux, des produits plus verts, des processus plus efficaces, pour faire mieux, plus vite et plus sûr, il est indispensable de disposer des bons outils. On peut citer l’industrialisation des processus de gestion de l’innovation, ou encore le recours à des méthodes collaboratives et participatives. Mais l’un d’eux se distingue cependant par sa puissance et l’importance des bénéfices qu’il apporte : la simulation numérique.

La simulation numérique est aujourd’hui partout où s’exprime la qualité, la performance, l’excellence : des combinaisons des nageurs aux têtes des clubs de golf, des décors du dernier James Bond à la dynamique des bulles de champagne. Dans l’industrie aéronautique, qui fut l’une des premières à y recourir, elle permet de réduire le bruit des réacteurs et la consommation des moteurs. Grâce à des modèles toujours plus perfectionnés, Boeing a pu diviser par sept le nombre de prototypes d’ailes à construire entre la conception du 767 et celle de son gros porteur 787. Dans le secteur automobile, c’est encore la simulation numérique qui a permis de réduire de cinq ans à vingt quatre mois le délai entre les premiers coups de crayon et la commercialisation d’un nouveau modèle. Dans l’industrie pétrolière et gazière, les supercalculateurs aident à déterminer la structure du sous-sol et la présence éventuelle de réservoirs d’hydrocarbures. Lorsque l’on sait qu’un seul forage d’exploration en conditions offshore extrêmes peut coûter plusieurs dizaines de millions de dollars, on mesure l’intérêt de se donner toutes les chances de réussir !

Même pour de nombreux professionnels, la simulation numérique et ses outils techniques - le calcul haute performance (HPC) - évoquent encore trop souvent des machines expérimentales, entourées d’une armée d’experts et réservées aux programmes de recherche des instituts publics ou des très grandes entreprises. La réalité est pourtant toute autre, et elle s’éloigne chaque jour un peu plus de cette idée reçue. Deux facteurs en effet se conjuguent aujourd’hui pour faire du calcul scientifique un outil opérationnel, quotidien, pour les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs : le besoin vital d’innovation induit par la crise actuelle et l’arrivée sur le marché de supercalculateurs puissants et accessibles.

Si de nouveaux secteurs et des entreprises de taille moyenne peuvent désormais doter leurs bureaux d’étude de grandes capacités de calcul, c’est parce qu’existent désormais des solutions à leur portée. Les constructeurs s’appuient sur l’expérience acquise dans la mise en œuvre de systèmes de grande envergure pour créer de nouvelles catégories de calculateurs. Regroupées sous le terme d’extreme computing, apparaissent aujourd’hui des machines de série conçues nativement pour la simulation numérique. Elles s’appuient sur une architecture optimisée pour la performance, qui prend notamment en compte les enjeux énergétiques et recourt aux composants les plus avancés (processeurs, réseau de connexion, éventuellement accélérateurs graphiques…). Elles sont à la fois évolutives, pour répondre à la croissance des besoins de puissance, d’un coût abordable, pour maximiser le retour sur investissement, et surtout d’un usage simplifié. Il est désormais inutile de disposer en interne d’une équipe de spécialistes du calcul scientifique : robustes et ergonomiques, ces nouveaux supercalculateurs s’installent en quelques heures, démarrent en quelques minutes et livrent leurs premiers résultats en quelques secondes.

Ainsi, l’extreme computing ouvre une nouvelle ère pour le calcul haute performance… et pour l’innovation. À l’heure où la crise appelle les entreprises à renforcer d’urgence leurs capacités d’innovation, l’apparition de solutions prêtes à l’emploi et parfaitement adaptées aux principaux logiciels de simulation et de modélisation tombe à point nommé. Car quand un fabricant de pompes industrielles réduit de 200 heures à 2 heures le temps nécessaire à l’évaluation d’un nouveau design, ce n’est plus seulement un gain de productivité : c’est une rupture profonde qui lui donne instantanément un avantage concurrentiel décisif, et donc la perspective de sortir plus vite et renforcé de la crise.

 

Fabio Gallo est vice-président et directeur de l’Extreme Computing chez Bull.

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