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Microsoft lance Windows Azure, son système d'exploitation pour le cloud computing

  • 28-10-2008
  • Par Christophe Lagane

Avec Windows Azure, et sa plate-forme de services, Microsoft ouvre la puissance du cloud computing aux développeurs.

En ouverture de la PDC 2008 (Professional Developers Conferences, du 27 au 30 octobre à Los Angeles), l'architecte logiciel en chef Ray Ozzie a présenté Windows Azure. Constitué d'un ensemble de composants logiciels, Windows Azure « concrétise la vision software + services annoncée par Ray Ozzie il y a trois ans », résume Bernard Ourghanlian. Le directeur technologies et sécurité chez Microsoft France s'exprimait dans le cadre d'une conférence téléphonique avec la presse organisée ce mardi 28 octobre. Autrement dit, Microsoft aborde de plein pied le marché du cloud couputing pour entrer en concurrence avec Amazon (services EC2 et S3), IBM (Bluehouse) et l'inévitable Google (Apps).

Du moins, la vision que Microsoft a du cloud computing. Windows Azure a en effet été conçu pour autoriser l'exploitation de services et d'applications capables de s'exécuter à l'intérieur comme à l'extérieure du réseau de l'entreprise. « On rentre de plein pied dans la nouvelle ère 'sofware + services' au moyen d'une extension Windows que l'on étend au cloud à travers un modèle de programmation unifié qui couvre les environnements serveur et client », complète le porte parole de Microsoft.

Windows Azure met en oeuvre la plate-forme de services Azure (Azure Services Platform) construite autour des services déjà proposés par Microsoft, à savoir Live Services, .Net Services, SQL Services, SharePoint Services et Microsoft Dynamics CRM Services. qui permettra aux développeurs de créer une nouvelle génération d'applications, ou de récupérer l'existant, accessibles à travers le Web ou un serveur de l'entreprise, depuis un poste client fixe (PC) ou une terminal mobile (téléphone), ou encore une combinaison de ces différentes solutions. Services de stockage, puissance de calcul, infrastructure réseau... toute l'infrastructure sera stockée sur les data centers de Microsoft. Lequel en a ouvert à Washington, San Antonio, Dublin et, depuis hier, Chicago. D'autres sont à venir.

L'éditeur de Redmond souligne que ses nouveaux data center s'appuient sur une structure à base de containers dotés de 2 500 serveurs chacun. Soit une densité dix fois supérieure à la densité d'un data center traditionnel qui épargne d'autant la consommation énergétique.

Environnement d'exécution, Azure est construit à partir de Windows Server enrichi d'un certain nombre de briques logicielles pour assurer son exécution dans le « nuage ». Ce qui nécessite une architecture robuste capable de supporter le passage à l'échelle (avec la capacité à répondre aux besoins d'évolution des utilisateurs) tout en supportant la tolérance de panne. « On parle de dizaines, voire de centaines, de milliers de serveurs », souligne Bernard Ourghanlian, « les risques de pannes ne sont donc pas négligeables. »

Aux yeux de Microsoft, la meilleure réponse au problème du passage à l'échelle et sa gestion matérielle passe par les technologies de virtualisation. « Dans l'environnement Azure, on a une 'fabrique' qui fédère serveur hardware et coeur qui font appel à la virtualisation », explique Bernard Ourghanlian, « Chaque instance applicative s'exécute sur machine virtuelle, ce qui permettra de réagir à l'éventuelle panne matérielle. » Autrement dit, Windows Azure dispose d'une couche de virtualisation capable de gérer les problématiques de répartition de charge et la distribution d'applications.

Les développeurs pourront porter leurs applications sur la plate-forme Azure à partir de Visual Studio 2008 enrichi d'un greffon. Azure supporte les environnements d'exécution .NET Framework 3.5 et IIS 7.0. La plate-forme supporte également les protocoles standards SOAP, REST ou XML ainsi que les outils de développement web et langages open source Eclipse, PHP, Ruby et Python. L'accès aux services s'effectue en HTTP, WS-* ou encore le protocole de publication Atom (notamment utilisé pour gérer les flux XML). Bref, Azure est suffisamment ouvert pour inciter une base de développeurs de tous poils à déployer leurs travaux sur le nuage de Microsoft.

Windows Azure a été distribué à l'ensemble des participants de la PDC sous forme d'une CTP (community technology preview). Une version bêta avancée sera disponible début 2009. Aucune date n'est à ce jour avancée pour la version finale. Il est dores est déjà permis aux développeurs de bénéficier de l'infrastructure en ligne en créant un compte d'accès depuis le site Azure.com. Quant au modèle économique, il n'est pas encore fixé. Mais il devrait s'appuyer sur un mode de facturation selon l'usage ou/et via la publicité.