10
L'arrivée de Chrome OS va-t-elle relancer la guerre des systèmes d'exploitation?
- 08-07-2009
En annonçant un nouveau système d'exploitation pour 2010, Google ne cache plus ses velléités concurrentielles contre Microsoft Windows.
Alors que Microsoft continue de s'échiner (en vain apparemment) à vouloir contrer Google sur le terrain de la recherche en ligne (avec Live Search puis Bing en passant par la tentative du rachat de Yahoo), la stratégie de Google d'empiéter sur les plates-bandes de Redmond semble porter ses fruits. Après l'intrusion de Mountain View dans la messagerie avec Gmail, complété par la suite bureautique en ligne Docs (Documents en français), deux produits notamment réunis dans l'offre Google Apps, après le débarquement plus récemment d'Android sur les smartphone, Google a annoncé travailler au développement d'un système d'exploitation.
Chrome OS n'aura pas pour vocation, au début du moins, d'attaquer frontalement Windows sur son terrain : les PC de bureau et portables (même si l'OS sera également s'installer sur les desktop). Avec Chrome, Google vise les netbooks, ces machines ultra portables à ressources limitées équipées de processeurs x86 (Intel Atom la plupart du temps) et ARM. Chrome OS sera parfaitement adapté à cette dernière plate-forme tandis que Microsoft n'a (au delà de l'Itanium d'Intel) jamais montré de velléités à porter son OS sur une autre architecture que x86. Autant dire que Windows XP, voire Windows 7 quand il sera là, pourrait être évincé du marché des ultra portables si l'OS n'apporte pas une réelle valeur ajoutée à l'usage du netbook.
Certes, Google n'a rien détaillé de sa stratégie. Mais s'il applique la même tactique d'ouverture et de licence gratuite pour les constructeurs, l'entreprise dirigée par Eric Schmidt pourrait bien forcer Microsoft à baisser drastiquement ses prix au risque de déstabiliser le modèle économique de Redmond. Les netbooks composent à peu près 20 % des portables et le cabinet iSuppli attend 22 millions de ventes en 2009 et 31 millions d'unités pour 2010.
On n'en est pas là, loin de là. Et les intentions de Google sont probablement moins de chercher à faire mordre la poussière à Microsoft sur les netbooks que d'étendre sa visibilité et donc celle de des annonceurs et donc de ses revenus (les deux n'étant pas forcément incompatibles). Certes, Microsoft reste le maître des logiciels, à commencer par sa suite bureautique Office. Mais Google joue justement la carte de l'application à la demande (SAAS) avec une offre, aujourd'hui, suffisamment garnie pour répondre aux principaux besoins des utilisateurs: outils de communication, de bureautique, de recherche, plate-forme vidéo... Il restera à vérifier que les utilisateurs seront prêts à se contenter de ses services dans le « cloud » même si Google développe des solutions (Gears) pour travailler en mode déconnecté.
Enfin, Chrome OS n'est pas encore disponible. Le système d'exploitation sera bâti de zéro à partir d'un noyau Linux avec le navigateur (Chrome, évidemment, utilisé par 30 millions de personnes dans le monde selon Google) comme environnement principal d'exécution des applications web. Celles-ci, précise Google, étant des applications « traditionnelles », elles fonctionneront naturellement sur tous les autres OS du marché depuis un navigateur. Une qualité que Microsoft est loin aujourd'hui, de pouvoir présenter (tout en y travaillant avec des versions purement web d'Office et l'arrivée des Online Services). Mais avec Chrome OS, Google pourrait réussir son pari de faire du web une plate-forme applicative.
D'autre part, Google informe que Chrome OS prendra nativement en charge la problématique de la sécurité de façon à ce que les utilisateurs n'aient pas à se battre contre les virus et autres menaces du web. Ce qui serait l'idéal (sauf pour les éditeurs de solutions de sécurité). Chrome OS, il ne sera pas disponible avant le second semestre 2010. Mais, développé sous une licence open source, son code sera disponible à la communauté avec qui Google compte bien s'appuyer pour développer son OS. Reste maintenant à attendre la contre-attaque de Microsoft.
