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Green IT : l'Europe veut réduire son empreinte carbone grâce aux nouvelles technologies

  • 13-03-2009
  • Par Christophe Lagane

La Commission européenne vise les 15 % de réduction de carbone d'ici 2020. Elle invite les entreprises du secteur des nouvelles technologies à montrer l'exemple.

Améliorer le rendement énergétique. Aujourd'hui, ce n'est plus seulement un objectif défendu individuellement au sein des organisations mais un véritable enjeu de société continental. L'idée étant de limiter l'impact environnemental tout en cherchant à optimiser les coûts, notamment pour relancer l'économie. C'est le message que fait passer la Commission européenne auprès de ses membres et du secteur privé, dans un communiqué daté du 12 mars. L'objectif visé est la réduction de 15 % des émissions totale de carbone d'ici 2020.

Cette annonce fait suite au paquet de mesures présentées le 10 janvier 2007 qui visait à porter à 20 % la part des sources d’énergie renouvelables et à réduire d'autant les émissions carboniques d'ici à 2020 par rapport à leur niveau de 1990. Mesures approuvées par le Parlement européen et les dirigeants de l'Union en mars 2007, et réaffirmé en décembre 2008. Reste que réduire l'empreinte énergétique sans diminuer la productivité reste une gageure. Notamment technologique. Selon la Commission, le salut se trouve dans l'usage des nouvelles technologies de l'information (TIC).

L'usage des TIC permettrait, par exemple, de réduire jusqu'à 17 % la consommation d’énergie des bâtiments en Europe ou encore de diminuer de 27 % (maximum) les émissions de carbone dans la logistique des transports, selon la Commission. Le déploiement de compteurs électriques « intelligents » permettrait d'analyser et ajuster la consommation des foyers et obtenir une réduction jusqu'à 10 %. Encore faudra-t-il, dans ce dernier cas, que les États membres s'accordent sur des spécifications fonctionnelles minimales communes pour ces compteurs intelligents. Un travail prévu dans les discussions autour du troisième paquet de mesures relatives au marché intérieur de l'énergie.

Pour initier le mouvement, la Commission invite les acteurs des TIC à montrer l'exemple en se fixant des objectifs concrets. Ainsi, Alcatel-Lucent s'engage à réduire son emprunte carbone de 10 % d'ici 2010, Cisco vise les 25 % pour 2012, France Telecom les 20 % pour 2020, Nokia Siemens Networks de 20 à 49 % pour 2010, Vodafone de 50 % d'ici 2020, etc. L'ambition record revient à British Telecom qui vise la réduction des gaz à effet de serre de 80 % d'ici 2020 par rapport à son activité de 1996 alors que l'ensemble des acteurs fixe la base de comparaison à ces dernières années (2005 au plus tôt pour HP).

L'industrie informatique est elle-même un centre important d'émissions carboniques. Estimé à 2 % en Europe, la production de carbone provient pour 1,75 % de l'utilisation des services et 0,25 % de la fabrication des produits. Néanmoins, « L'utilisation des TIC dans tous les secteurs de l'économie et de la société peut favoriser la réduction des 98 % restants des émissions européennes », assure la Commission européenne. Autrement dit, plus on utilisera les TIC moins on polluera.

Pas question pour autant d'attendre les résultats des entreprises de TIC pour amener les autres secteurs à mettre en place des plans d'optimisations énergétiques. Ces plans passeront notamment par une nouvelle consultation publique « visant à établir une approche commune concernant les engagements et les revendications de chacun vis-à-vis de l'amélioration de l'efficacité énergétique ». Des recommandations seront proposées à l'issu de la consultation au cours du second semestre 2009. Ensuite, Bruxelles encourage les partenariats entre industrie des TIC et les autres secteurs, particulièrement le bâtiment et les transports, pour accélérer les rendements énergétiques en matière d'éclairage, de chauffage, de ventilation et de conception.

Enfin, les collectivités sont invitées à contribuer à la démarche « par le biais de marchés publics, de programmes d’innovation, de projets pilotes et de l'échange de meilleures pratiques ». Un guide pratique sur l'amélioration des performances énergétiques par l’utilisation innovante des TIC à destination des autorités régionales et locales est en cours d'élaboration. « La réaction des entreprises européennes du domaine des TIC aux travaux en cours de la Commission me donne à penser que l'Europe est à l'avance pour ce qui est de l'utilisation des TIC afin d'écologiser [sic] l'économie », estime Vivianne Reding, responsable de la commission Société de l'information.

Commentaires des lecteurs


Posté par : Fred Bordage, September 15, 2009

rapport DETIC

La France vient de s'engager plus formellement en publiant 15 recommandations pour utiliser les TIC comme levier environnemental.

http://www.greenit.fr/article/acteurs/green-it-le-gouvernement-passe-a-la-vitesse-superieure