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Gestion de contenus entreprise : tout reste à faire ou presque

  • 03-10-2008
  • Par Christophe Lagane

La gestion pertinente des contenus de l’entreprises est aujourd’hui indispensable face aux besoins de performances comme aux obligations légales. Et la GED ne répond pas aux traitements des nouveaux contenus électroniques. La croissance du marché à deux chiffres en France indique une forte attente dans le domaine.

E-mail, dialogues par messagerie instantanée, sons, images, pages web (portails, intranet ou applications web), fichiers bureautiques, numérisation de fax, factures, documents textuels divers... Nombre de contenus non structurés ou semi structuré (1) nécessitent des solutions dédiées à leur stockage et organisation de type ECM (gestion de contenus entreprise). Solutions pour l’heure encore absentes dans les entreprises. Si 55 %, seulement, des 150 entreprises françaises interrogées par le cabinet d’études Markess International (au cours du troisième trimestre 2008), disposent d’une solution GED (gestion électroniques de document), elles reconnaissent que celle-ci ne couvre pas tous les besoins. Particulièrement avec les contenus non structurés.

Tout reste donc à faire en matière d’organisation des contenus numériques générés, échangés ou capturés par les salariés. D’autant que l’accès à l’information doit répondre aux besoins de performances des entreprises (73 % d’entres elles cherchent notamment à améliorer le travail collaboratif) tout en leur assurant la conformité avec les obligations légales de conservation des documents. Aujourd’hui apparaît une véritable volonté d’organiser le cycle de vie des informations manipulées par l’entreprise à travers des solutions globales mais aussi sectorielles et métiers selon les spécificités et besoin des entreprises.

Une volonté qui se concrétise à travers l’augmentation des budgets consacrés à l’information. D’ici 2010, les deux tiers des entreprises consultées prévoient des augmentations de budget en ce sens entre 1 et plus de 10 %. La majorité (30 %) visant d’ailleurs l’augmentation haute de budget. Lequel intègre à la fois la licence d’utilisation des applications et les services associés (conseils, mise en oeuvre, exploitation...). 76 % des organisations déclarent d’ailleurs avoir déjà mis en oeuvre une ou plusieurs solutions d’ECM en 2008.

C’est donc un marché en croissance à deux chiffres qui s’ouvre aux éditeurs du secteur partagés entre les mastodontes (Microsoft, IBM avec FileNet, ECM avec Documentum, Azur Technology...) ou les acteurs plus modestes (OpenText, Nuxeo, Alfresco, Jahia, Anakeen...). Markess observe d’ailleurs une montée en puissance de l’open source, dans les administrations mais aussi dans le secteur de la banque-assurance et celui des services. Au total, l’analyste estime le marché de l’ECM en France en 2008 à 660 millions d’euros répartis entre les éditeurs de solutions à hauteur de 200 millions et 460 millions pour les prestataires, cabinets conseils, intégrateurs (Capgemini, Accenture, Atos Origin, Smile, Logica, Steria, Sword...). Le marché de l’ECM pèse aujourd’hui 1,4 % du marché total des logiciels et services en France.

Et la progression du marché de l’ECM devrait se poursuivre à hauteur de près de 13 % par an pour atteindre 840 millions d’euros en 2010, toujours selon le cabinet d’études. Editeurs et prestataires devront répondre aux de nouveaux besoins des entreprises, que ce soit à travers des solutions d’ECM globale ou par métiers. Une gestion de contenu qui restera physiquement interne à l’entreprise. Pour le moment, Markess n’a pas décelé de demandes pertinentes en matière de service hébergé type Saas (Software as a service) ou ASP (application service provider).

(1) Documents qui ne résident pas dans les bases de données, entrepôts de données, progiciels et autre systèmes décisionnels (données structurées) ou formulaires (semi structurées)