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Cisco veut révolutionner l'architecture des data centers

  • 17-03-2009
  • Par Christophe Lagane

Cisco a présenté Unified Computing System, une nouvelle architecture pour serveur lame de centre de données qui vise à réduire les coûts d'infrastructure et simplifier la gestion.

Ce qui était devenu un secret de polichinelle vient d'être annoncé officiellement par John Chambers, le PDG de Cisco. L'équipementier réseau présente sa vision du centre de données à travers son concept Unified Computing System (UCS). Ce que le dirigeant avait d'ailleurs présenté sous le vocable de « Datacenter 3.0 » à l'occasion de VMworld 2007. Il restait cependant à connaître les détails de l'offre. C'est désormais chose faîte avec l'annonce d'hier, lundi 16 mars.

UCS est une nouvelle approche de conception et de gestion des data centers qui se concentre autour d'une architecture unifiée basée sur les standards technologiques de l'industrie. Cette architecture vise à réunir en un seul endroit, afin de la simplifier, la gestion des serveurs, du réseau, des solutions de stockage et des services de virtualisation.

Matériellement, UCS se concrétise à travers un ensemble de produits réseaux et de calcul. A commencer par les serveurs x86 B-Series Blade – la vértable nouveauté de l'annonce – construits autour des Xeon « Nehalem » qu'Intel doit annoncer à la fin du mois. Intel et Cisco travaillent également ensemble sur des solutions d'extension des capacités mémoire selon les besoins des services. Une propriété particulièrement utile dans les environnements virtualisés.

Le centre de commutation 6100 Series Fabric Interconnects supporte les liaisons 10 Gbit/s Ethernet et FCoE (Fibre Channel over Ethernet). Des versions 20 et 40 ports seront respectivement proposées en 1U et 2U. Ils communiqueront avec les UCS 2100 Series Fabric Extenders, cartes d'extension pour les lames afin d'assurer l'interconnexion à 10 Gbit/s entre les serveurs. L'ensemble s'implémentera dans l'UCS 5100 Series Blade Server Chassis. Le châssis doté de 8 slots pourra héberger 4 serveurs lames pleine hauteur ou 8 lames demi-hauteur, avec 4 modules d'alimentation et 2 extensions des Fabric Extenders. Cette conception doit notamment éviter l'accumulation de câbles, commutateurs et autres adaptateurs qui tendent à se multiplier dans les data centers.

Selon Cisco, qui détaillera l'ensemble de son offre matérielle courant avril, l'UCS pourra intégrer entre 1 et 320 serveurs blade et des milliers de machines virtuelles. La gestion de l'ensemble sera assurée par l'UCS Manager. L'application vise à simplifie la gestion des services métier, des applications de support et des ressources virtuelles et physiques sous-jacentes. Les différentes opérations s'effectuant depuis une console de gestion unique. Selon Cisco, la solution permettrait de réaliser en quelques minutes ce qui prenait des semaines auparavant. Sur ce point, Cisco s'associe à BMC, prestataire spécialisé dans la gestion des environnement hétérogènes.

Microsoft et VMware (dont Cisco détient 2 %) sont également partenaires de l'équipementier, essentiellement pour s'assurer de la compatibilité de leur hyperviseur. Linux entre également dans la danse à travers le support des solutions RHEL de Red Hat et Novell Suse.

Selon Cisco, l'UCS réduirait de 20 à 30 % les coûts d'infrastructure. D'autre part, Cisco assure que l'UCS nécessitera moins d'énergie, et donc de besoin de refroidissement, que les solutions traditionnelles. Les gains sont à la fois dûs à l'intégration unifiée des différents composants du data center mais aussi à la circulation de l'air dans le châssis particulièrement travaillé.

Cisco vient donc marcher sur les plates-bandes de HP, Dell, IBM, Sun, etc., et devra faire ses preuves pour convaincre le marché. Il n'en reste pas moins qu'en équipant la plupart de l'infrastructure, Cisco connaît bien l'univers des centres de données et particulièrement son mode opérationnel. L'équipementier n'arrive donc pas en terrain inconnu. Et si sa solution tiens ses promesses en matière d'économies d'infrastructure et de gestion, nul doute que la concurrence va réagir... et s'intensifier.