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JM Franco (Business & Decision) : « Microsoft revient clairement en force sur le terrain du cloud »

  • 06-11-2008
  • Par Christophe Lagane

Le système d'exploitation web Windows Azure et la plate-forme de développement Oslo analysés sous l'œil aiguisé du groupe Business & Decision.

Organisé autour de quatre spécialités - la business intelligence (BI), le CRM (costumer relationship management), le digital market (sites web) et le business management (SOA, BPM...) -, la société de conseil en ingénierie Business & Decision accompagne plus de 900 clients dans le monde. Grands comptes et grosses PME exclusivement. Créée en France en 1992, Business & Decision assure aujourd'hui près de la moitié de ses revenus à l'international (Etats-Unis et Europe). Le groupe compte 3 000 collaborateurs. Pour EweekEurope.fr, Jean-Michel Franco, directeur des Solutions et Naaman Boutighane, Manager Enterprise Architecture et Information Management, reviennent sur les annonces de la PDC 2008 (Professional Developpers Conference) de Microsoft.

eWeek.fr : L'OS web, Windows Azure, que Microsoft a présenté à la PDC 2008, correspond-il aux attentes des développeurs?

Jean-Michel Franco : Le terme qui qualifie le mieux à Windows Azure est celui de plate-forme as a service (PaaS) formulé par Gartner. Le PaaS comprend trois services : les applications de type progiciels (ERP, CRM...), les ressources techniques (stockage, ressources processeurs) et plate-forme de développement (base de données, middleware...). Le PaaS répond au chaînon manquant du Software as a service (Saas). La possibilité d'externaliser les applications a commencé il y a un an environ avec l'offre On Demand d'Oracle. Mais ce modèle oblige à se caler sur les spécification d'un progiciel et ne permet pas le déploiement d'applications plus spécifiques.
Microsoft a une approche plus originale avec un modèle hybride du concept en permettant de choisir ce qu'on laisse derrière le firewall de l'entreprise et ce que l'on met dans ses data centers, le « nuage ». Je peux par exemple développer en interne et archiver de manière externalisée.

eWeek.fr : Ce modèle répond-il aux besoins des grands comptes?
Jean-Michel Franco : Pour les grands comptes, l'approche du modèle va leur permettre de développer des applications plus ouvertes vers l'extérieur pour des applications à la demande découplées du système d'information. Par exemple, une application de commerce électronique, toutes les applications satellites (e-procurement, gestion de trésorerie, etc.) et de collaboration sont assez éligible au modèle Saas. Mais ce qui manque au modèle SaaS est la possibilité de synchroniser une application avec des données internes à l'entreprise. Le modèle hybride de Microsoft le permettra.
Cependant, il reste plein de points d'interrogation : où sont géographiquement hébergées les données externalisées? Aux Etats-Unis, en Europe, dans un pays plus « exotique »? Azure sera-t-il ouvert aux partenaires? Est-ce qu'il sera envisageable d'héberger certains services pour les intégrer dans Azure ou bien seront-ils strictement gérés par Microsoft?

eWeek.fr : En quoi Microsoft fait-il preuve d'ouverture?

Naaman Boutighane : Azure arrive en complément des systèmes internes aux grands comptes avec la possibilité de développer depuis un environnement différent de celui de Microsoft, Java et Ruby, qui prend en compte la réalité de l'existant. On peut d'ailleurs héberger des environnements Linux virtualisés mais on ne peut pas tirer bénéfices de tous les services fournis par Azure. Ce qui limite l'intérêt à virtualiser les environnements. Pour bien tirer profit de la plate-forme de Microsoft, il faudra être Azure à 100 %.

eWeek.fr : Autre avantage mis en avant par Microsoft : le développement des applications en interne portables sur Azure et inversement.
Jean-Michel Franco : La réversibilité est utilisée comme argument. Mais elle restera à vérifier. Si je développe pour Azure et que je veux rapatrier les applications en interne, comment je fais? Aujourd'hui, je l'ignore. Mais Microsoft vient seulement d'annoncer la réversibilité, il est normal de ne pas avoir toute l'information à ce stade du développement. Et puis, on peut commencer à tester.

eWeek.fr : Windows Azure réclame un ensemble de solutions Microsoft dont Server 2008, le Framework .NET 3.5, Visual Studio et Vista. La nécessité de posséder Vista ne représente-t-elle pas un frein alors que l'adoption de l'OS en entreprise est plus lente que prévue?
Naaman Boutighane : C'est possible en effet car Vista n'est pas présent dans les entreprises. Mais pour une population de développeur, Vista ne représente pas une barrière phénoménale. Et l'OS n'est absolument pas nécessaire pour exploiter les applications dans le cloud.

eWeek.fr : Azure représente-t-il une opportunité de développement pour les entreprises?
Jean-Michel Franco : Il y a en tout cas un vrai enjeu car le succès de Microsoft est beaucoup lié à l'activité des éditeurs tiers. La période de consolidation a levé les doutes. Mais aujourd'hui, une start-up a la possibilité de développer sur Windows, en open source ou sur le modèle On Demand. En ce sens, Azure présente une vraie opportunité car il ajoute un ensemble de services à la plate-forme Windows. Et une start-up peut ainsi s'appuyer sur Azure pour développer son business plan. Jusqu'à présent, beaucoup d'entreprises se tournaient vers Salesforce. Microsoft revient clairement en force sur ce terrain.

eWeek.fr : Microsoft a également annoncé Oslo et son langage de modélisation M. Qu'est-ce que ça apporte au développeur?
Naaman Boutighane : M est un langage déclaratif, Oslo est une plate-forme de modélisation et de développement dédiée aux utilisateurs qui possède un niveau de compétences différent de celui du développeur. Aujourd'hui, on demande au développeur de posséder un certain niveau de compétence sur la partie technique mais aussi sur la partie métier de l'application. Aujourd'hui, la tendance pour optimiser les coût de développement passe par l'idée (et ce n'est pas une idée exclusive à Microsoft) de créer plate-forme déclarative à travers laquelle le développeur se concentre plus sur les aspects métier que sur la technique. Il développe en « drag and drop » en quelque sorte, à partir d'un langage déclaratif qui s'appuie sur des fichiers XML, ce qui permet d'utiliser tel ou tel service pour alimenter une base de donnée. Microsoft fournit les outils de modélisation, Cadrant, via Visual Studio.
Ce modèle de développement simplifie le travail du développeur et permet de faire participer tout un ensemble de compétences. Il reprend en ce sens le concept de BizTalk [serveur de gestion des processus métiers de Microsoft, ndlr]. Oslo va avoir du succès car il permet de minimiser les coûts et d'accélérer les développement.

Jean-Michel Franco : Il y a une grosse attente du marché car, d'un côté il y a la partie BPM [gestion des processus métier, ndlr] et, de l'autre, les outils de programmation très technique. Avec Oslo, on demandera moins des développeurs avec un background technique très fort en technologie qu'en connaissance métier.

Commentaires des lecteurs


Posté par : zimmerman, November 6, 2008

retour d'experience

M et Oslo sont limités à l'heure actuelle et genèrent des usines à Gaz difficilement maintenable et ayant de mauvaises performance (est-ce fait volontairement dans l'optique d'acheter du matériel et des licences, sachant que MS est en train de monter des offres d'appliance ?)

Certes depuis un an les alphas et béta se succèdent, ce qui n'a pas facilité l'avancement de notre pilote.

Mais à moins d'une refonte plus que totale, la solution est à éviter
(la seule utilisation que nous ayont trouvé a finalement été pour du maquettage jetable, mais l'investissement est trop lourd pour cela)


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